

AGORES participe en tant que membre titulaire au Conseil National de l'Alimentation. Sur ce mandat dont l'objectif est le suivant :
"Afin d'aboutir à la formulation de recommandations objectives à destination des consommateurs, des pouvoirs publics et des acteurs de la filière biologique sur les perspectives de ce mode de production, le groupe de travail dressera, en s'appuyant sur les données statistiques et les travaux existants, un état des lieux de la filière des produits issus du mode de production biologique"
C'est Marie-josé STANKIEVITCH Administratrice Nationale et Responsable de la restauration au Conseil général de Charentes Maritimes, Carole DUTILLET VASSEUR Administratrice Nationale et Responsable de la restauration de la ville d'ANGOULEME qui assure le suivi de ce groupe.


1. QUELLES SONT LES PRIORITES DE VOTRE MANDAT :
Le congrès de SAINT MALO a marqué un tournant dans la vie de notre association, concrétisé par le départ de notre président fondateur, du poste de président.
J'aimerais d'ailleurs profité de l'occasion qui m'est donnée pour lui rendre hommage en mon nom et au nom de tous nos collègues pour le travail qu'il a accompli pendant toutes ses années d'activités et plus encore pendant les 12 premières années de sa retraite.
Mais surtout pour la voie qu'il a tracé avec l'ensemble de son CA depuis plusieurs années et les réflexions de fond sur l'avenir de la profession qu'il nous a aidé construire.
Son maintien comme membre du CA pour cette année encore, marque pour l'année à venir, la lourde tâche de répartir le travail qu'il assumait entre tous les membres du CA.
Il nous assure par sa présence et ses compétences, la pérénnité de la passation de pouvoir et la continuité des actions en cours.
Un tournant qui repose sur la participation active de tous les adhérents de l'ANDRM.
De ce point de vue, je suis confiant, devant les témoignages de mes nombreux collègues à être acteurs de leur association, l'ANDRM.
Pour l'année à venir, il s'agit donc d'oeuvrer dans la continuité des grands axes déjà définis:
Poursuite de la reconnaissance des professionnels du secteur public des collectivités locales sans corporatisme mais avec détermination (Professionnalisme au service du recrutement, de la formation et des compétences) pour un service public de proximité et de qualité: la priorité c'est les hommes et les femmes qui font la richesse et la qualité de ce métier...
Les missions de nos métiers se sont affirmées. Le rôle d'éducation à la santé publique et de socialisation prend une part de plus en plus importante parmi les nombreuses missions que nous remplissons, notamment vis à vis de la mission purement nutritive. La proposition et la défense d'une loi cadre seule à même d'imposer pour la restauration scolaire une véritable obligation de résultats en matière de santé publique et d'éducation nutritionnelle est et restera le fil conducteur et récurent de nos actions à venir .
Oeuvrer pour que notre association soit véritablement un outil incontournable au service des Elus et des institutions par le biais du travail de ses adhérents avec un seul objectif "la Qualité" au service du plus grand nombre.
2. L'ANDRM A CULTIVE L'ISOLEMENT PAR RAPPORT AUX AUTRES ASSOCIATIONS QUI TENDENT A COORDONNER LEURS ACTIONS, QUAND IL S'AGIT DE PROMOUVOIR ET RENFORCER LA GESTION DIRECTE. QUELLE SERA VOTRE POLITIQUE VIS A VIS D'ELLES?
Nous avons toujours travaillés sur les grands chantiers nationaux en parfaite cohérence avec les ambitions et les enjeux de la profession: Arrêté du 29 sept 1997, Commission Resto guide, Guide des bonnes pratiques d'hygiène, Commissions des GPEM/DA, Circulaire de l'écolier, INC, CNA, AFNOR, Pôle de compétences, etc ........
Cette image que vous décrivez n'est pas la nôtre. Je crois que nous avons toujours affirmer vouloir partager les responsabilités qui sont les nôtres sur les grands sujets d'actualités de la profession.
Cela dit il est vrai que nous n'avons jamais souhaité nous intégrer dans un syndicat supra national de type "FERCA", Fédération de la Restauration Collective Autogérée initié par le CCC qui a d'ailleurs depuis montré ses limites et ses échecs.
La volonté et les orientations du CCC sont (et ont toujours été comme son nom l'indique Comité de Coordination des Collectivités) de coordonner l'ensemble de la profession pour parler "d'une seule voix" auprès des pouvoirs publics.
Si l'objectif est louable et utile par ailleurs, je m'interroge pour ma part, sur la légitimité du CCC à coordonner ces actions et sur le blanc seing que l'on pourrait donner à terme à cette association qui n'est jamais qu'une association comme les autres, avec ses difficultés de cohésion interne (au niveau des hommes, des orientations comme de sa représentativité réelle)
A leur corps défendant, la volonté de certains nouveaux dirigeants du CCC semble être, de réunir chaque année, l'ensemble des associations et syndicats professionnels pour évoquer les problèmes généraux sans structure particulière, laissant ainsi toute liberté aux différentes associations ou tout au moins la liberté de se cantonner dans leurs spécialités (hospitalier, scolaire, armée, entreprise, etc...) ! Quid?
Cela ne pourra fonctionner qu'à condition de mettre en place une réflexion commune préalable sur les thèmes et les orientations à traiter ou bien à faire du coup par coup sur des sujets d'actualités.
Cette volonté de coordination cache mal les difficultés à fédérer en interne leurs propres adhérents et à intégrer des associations moribondes.
Cela étant nous n'avons jamais été opposé à toute participation constructive et représentative même si notre priorité reste nos adhérents et les Elus, nos employeurs.
3. COMMENT EST ORGANISEE VOTRE VIE ASSOCIATIVE? COMMENT ARRIVEZ VOUS A MOBILISER VOS ADHERENTS ?
Comme son nom l'indique, l'objectif d'une association est de réunir pour partager et échanger !!!
Pour cela il faut mettre en place les structures nécessaires à ces rencontres.
C'est ce que nous faisons chaque année lors de notre forum annuel et en multipliant les réunions régionales pour favoriser le rapprochement avec les communes qui ne peuvent pas toujours suivre l'actualité ou envoyer leurs cadres au congrès et autres séminaires parisiens onéreux.
Nous éditons également un bulletin de liaison trimestriel rédigé par notre collègue et secrétaire Dominique VINCENT d'ANNECY
Pour ma part, j'actualise régulièrement le contenu du site Internet de notre association avec mes autres collègues et je réponds aux nombreuses questions qui nous sont posées par les maires, les DRH, les directeurs de la restauration, les étudiants, les professionnels, etc...
Ce site crée en 1999 génère aujourd'hui plus de 500 visites par mois, avec des visites internationnales voire même des visites de type gouv.fr
La mobilisation des adhérents passent également par le développement de la messagerie électronique qui nous permet d'informer en temps réel nos adhérents. C'est ce que nous faisons par exemple en partenariat avec la DGAL sur la veille sanitaire.
4. LA GESTION DIRECTE A ENCORE RECULE DANS LA RESTAURATION MUNICIPALE. COMMENT L'EXPLIQUEZ VOUS ?
Ce recul est le fait de deux problématiques actuelles, qui ne trouvent pas leurs fondements dans l'absence de professionnalisme, par ailleurs vendu comme argument marketing exclusif des SRC, ni dans l'absence de maîtrise de la qualité globale (coût, qualité sanitaire, environnement, diversité de la prestation, innovation technologique, etc..) du mode de gestion en régie directe, même si ce constat reste préoccupant.
Dans le privé comme dans le public, le problème du recrutement des compétences, d'hommes et de femmes capables d'assumer les missions de restauration collective en production comme en management, est très inquiétant.
Il faut compter entre 6mois et 1an et demi pour trouver un bon directeur ou un bon chef de production.
L'avenir nous réserve des difficultés majeures pour la gestion prévisionnelle des emplois, la formation, les recrutements de chefs de production et de directeurs, à tout ce qui touche de près ou de loin à la gestion des ressources humaines.
Dans ce contexte, les villes qui ne trouvent pas les hommes ou les femmes nécessaires pour assumer la modernisation et la gestion de leurs services sont souvent tentés par la délégation quel que soient leurs idéaux politiques.
La centralisation des outils de production sans avancée significative de "l'intercommunalité participative" dans ce domaine est également un soucis.
La centralisation des outils de production confiée au secteur privé sur fonds publics sans réelle implication des collectivités locales sur les choix stratégiques posent problèmes.
Cela se traduit naturellement, associé au phénomène de recrutement à la poursuite du développement de l'externalisation notamment pour les petites et moyennes communes qui ne trouvent pas les ressources humaines et matérielles en interne pour faire face à la réglementation et à l'évolution des besoins.
Néanmoins, les collectivités locales se trouveront confrontées à un autre problème: celui de la qualité de l'assiette et le suivi qualitatif et quantitatif des prestations délégués.
Il faudra bien trouver les hommes et les femmes capables d'assumer le suivi de ces délégations sous peine de tomber dans les dérives judiciaires et financières que l'on connait avec l'eau.
Il faudra bien former et recruter correctement pour l'avenir. Se posera alors peut être réellement la question du mode de gestion !!!
5. LA QUALITE NUTRITIONNELLE DES REPAS QUI EST UNE PRIORITE DE LA CIRCULAIRE DU 25 JUIN 2001 ET UN GRAND ENJEU DE SANTE PUBLIQUE, SEMBLE INEGALEMENT ASSUREE DANS LES COMMUNES. QUEL ROLE PEUT JOUER VOTRE ASSOCIATION ?
Notre association a travaillé toute cette année pour communiquer et informer autour des ces enjeux éducatifs et de santé publique.
Nous avons organisé avec votre journal NEO RESTAURATION dans le cadre d'EQUIP HÔTEL une journée d'information sur l'aplication de la circulaire.
Nous avons construit avec le CNFPT une journée régionale d'information qui a réunit plus de 200 personnes à ROUEN en février dernier.
Le thème central de nos réunions régionales qui ont réunis plus de 600 personnes (des maires, des directeurs de la restauration) a porté sur cette circulaire.
Enfin notre Forum de SAINT MALO est venu clôturer une année sur cette question des grands enjeux de demain autour de l'assiette, à savoir l'enjeu de santé publique avec la définition de qualité nutritionnelle des produits et des moyens à mettre en oeuvre pour éduquer les futurs citoyens consommateurs, que sur la responsabilité des collectivités locales en matière d'environnement, conséquence directe et indirecte de leurs politiques d'achats (marchés publics).
Comme vous le voyez notre association n'est pas restée sans agir pour faire prendre conscience de l'intérêt de cette circulaire et de l'application du PNNS, et nous aurons certainement encore à aider les communes à mettre en oeuvre ces programmes.
Pour cela, nous avons notre Charte de Qualité et son engagement pour une qualité totale. Ainsi que notre engagement avec l'AFNOR et le CNFPT sur la base de cette charte pour élaborer des normes plus précises dans ce domaine.
6. AVEC LE CNFPT, VOUS AVEZ ACCOMPLI UN GROS TRAVAIL SUR LES REFERENTIELS DES METIERS ET SUR LES FORMATIONS QUALIFIANTES ? A T IL PORTES SES FRUITS ?
Ce travail avait déjà commencé en 1993 avec la Nomenclature des Métiers Territoriaux. La création de fiches métiers comme outil de clarification des missions et des compétences a été utile à toute la profession qui les utilise au quotidien.
J'en veux pour preuve l'utilisation qu'en font les communes lors de la rédaction et la publication de leurs offres d'emplois. On y retrouve une partie voire l'intégralité de ces fiches.
Par ailleurs, le travail engagé sur le contenu de l'offre de formation du CNFPT au niveau régional interrégional et national, la mise en place de plusieurs groupes de pilotage sur la méthode HACCP avec les communes et la DSV,la mise en place de journées d'informations réunissant plus de 200 personnes et plus récemment la reconnaissance de la délégation Haute Normandie comme Pôle de Compétence national pour la restauration collective, poursuit et développe la professionnalisation des différents cadres d'emplois utilisés dans les services de restauration.
Pour ce qui est des formations qualifiantes, si l'idée s'inscrit dans la prise en compte des besoins futurs en personnels d'encadrement qualifiés en interne pour les collectivités locales, il est trop tôt pour en faire un bilan. Les cycles qualifiants sont en phase expérimentale, et devraient s'étaler sur deux ans. Ils ne démarreront réellement qu'en janvier 2003 pour la première expérimentation.
Néanmoins ce dispositif me semble prommetteur s'il est mené à terme.
Le Président de l'ANDRM
CHRISTOPHE HEBERT
Interview de J-F Vuillerme pour Néorestauration Harfleur le 21 Septembre 2002